Pacte vert pour l'Europe : l'Europe veut devenir climatiquement neutre. Cet objectif ne pourra être atteint que si les émissions de CO2 du secteur aérien sont réduites. C'est pourquoi des recherches intensives sont menées dans ce domaine afin de déterminer les capacités requises pour les technologies de propulsion à l'avenir et les moyens de produire des carburants durables.
Sur les vols long-courriers, les carburants représentent 50 % des coûts d'exploitation. Quel carburant est le plus adapté et comment la technologie de propulsion doit-elle être adaptée à celui-ci pour pouvoir voler ? Les réponses à ces questions font actuellement l'objet de recherches, par exemple dans les laboratoires de la FH Joanneum Graz, en Autriche. Les plus grands espoirs reposent actuellement sur l'hydrogène. Utilisé comme carburant, il ne génère aucune émission de CO2 et est plus efficace que le kérosène dans la conversion en énergie.
Un projet européen se penche actuellement sur la question de la production de carburant durable : le SAF, pour Sustainable Aviation Fuel. Depuis le début de l'année, 11 instituts de recherche issus de 6 pays se consacrent à cette tâche. Le projet « ToFuel » est dirigé par l'université technique de Graz. L'objectif est de développer un concept de bioraffinerie sans déchets et neutre en CO2, qui produise un carburant aviation durable et compétitif sur le plan économique. Les déchets de tomates constituent la base de ce projet.
Dans le classement des légumes les plus consommés au monde, la tomate occupe la deuxième place (après la pomme de terre). Salade, pulpe, passata, ketchup, sugo, conserves... lorsqu'il s'agit des légumes les plus transformés, la tomate occupe la première place. Les serres et les technologies modernes permettent de cultiver des fruits frais toute l'année, en Chine et en Inde comme en Turquie ou aux États-Unis. Avec une récolte de 17 mégatonnes de tomates, l'UE occupe la troisième place en termes de production. Cependant, la plante entière ne peut jamais être transformée : les fleurs, les feuilles, les tiges, les peaux, les graines et les tomates de qualité insuffisante sont actuellement brûlées ou éliminées comme déchets agricoles. Et c'est là que réside un énorme potentiel : selon les estimations des responsables du projet, les résidus issus de la transformation des tomates dans toute l'UE pourraient couvrir environ 3 % des besoins européens en carburants d'aviation durables d'ici 2030.
De la plante vivace au réservoir, telle pourrait être la devise. Les résidus végétaux doivent d'abord être traités de manière à ce que les micro-organismes puissent les exploiter efficacement. Dans le cadre du projet, deux technologies de fractionnement sont testées à cet effet : lors de l'extrusion, la biomasse est traitée sous l'effet de la chaleur et de la pression, puis décomposée en ses composants cellulaires par une chute brutale de pression. Dans le cas de la liquéfaction hydrothermique, la biomasse est transformée en bio-huile et en biocharbon sous haute pression et à haute température. Les deux approches sont étudiées et comparées. Il s'agit ensuite de purifier les composés azotés avant que la bio-huile puisse être raffinée en carburant.
Outre un carburant durable pour l'aviation, on obtient également des engrais, des aliments pour animaux et de l'huile alimentaire. Le projet étudie également les impacts écologiques, économiques et sociaux de ces technologies. Enfin, cela pourrait ouvrir une nouvelle source de revenus pour l'industrie agroalimentaire.
Une autre piste prometteuse de l'Université technique de Graz passe par le microscope électronique. Afin de pouvoir examiner des échantillons biologiques au microscope, ceux-ci sont traités avec un agent de contraste. Cela permet de mieux reconnaître les structures tissulaires. L'agent standard utilisé est l'acétate d'uranyle. Pour des raisons de sécurité, cette substance hautement toxique et radioactive ne peut pas être utilisée dans tous les laboratoires. Des chercheurs de l'université autrichienne ont maintenant découvert que l'espresso est non seulement une alternative équivalente, mais aussi une alternative écologique, inoffensive et peu coûteuse. Inspiré par les taches circulaires séchées dans les tasses à café, le test a été réalisé avec un échantillon d'algues. Le résultat était prometteur. La comparaison directe avec l'acétate d'uranyle l'était également : les valeurs de contraste étaient même parfois meilleures. Pour une application à grande échelle en microscopie électronique biologique, des recherches supplémentaires sur différents types de tissus sont nécessaires. Le café stimule ainsi la recherche à plusieurs niveaux.
La photo montre une image au microscope électronique d'une algue qui a été prétraitée à l'espresso afin de créer des contrastes plus marqués.